Macron n'est pas un candidat « anti-système », mais est « issu des élites »

Le député LR Julien Aubert, récent auteur de Salaud d’élu, paru la semaine dernière, se montre très lucide sur son ancien condisciple à l’ENA. Pour lui, Emmanuel Macron est tout sauf un candidat « anti-système » et, en se présentant ainsi, il endosse « un vêtement qui n’est pas le sien ». D’après le député LR, l’ancien ministre de l’Économie ferait cela pour « capter la colère populaire » en appliquant certains « mécanismes communs » au FN.

Malgré tout, Julien Aubert assure que celui qui s’est enfin déclaré candidat à la présidentielle est resté « un bon copain de promo ». Mais il est « issu des élites » et « c’est pareil pour Bruno Le Maire », a glissé ce non-aligné pour la primaire de la droite. « Vous retrouvez chez Emmanuel Macron le travers de la classe politique actuelle, avec la logique que le terrain sait le mieux », a estimé cet élu LR du Vaucluse, critiquant notamment la proposition de l’ancien ministre d’un compte rendu de mandat annuel du président de la République devant une commission de citoyens. Avec ces idées, « le citoyen tiré au sort est plus légitime que l’élu : c’est la négation de la démocratie représentative », a déploré le député élu en 2012.

Macron et le FN ont « le même diagnostic »

Julien Aubert fait valoir qu’Emmanuel Macron et le FN ont « le même diagnostic ». « Le FN constate qu’il n’y a plus de confiance dans le vote. Il présente n’importe quel inconnu à une élection, qui réalise des scores à faire rêver », a estimé le député. « Emmanuel Macron cherche à redonner envie de voter, il a un positionnement marketing », a lancé celui qui a été auparavant magistrat à la Cour des comptes, épinglant « des idées collectées à droite et à gauche, et une seule cohérence, lui-même ». « C’est aussi la manière selon laquelle fonctionne le Front national », a-t-il considéré alors qu’il pointe dans son ouvrage « l’hétérogénéité croissante » du « socle d’idées » du parti d’extrême droite.

S’il reconnaît au fondateur d’En marche ! une réelle « envie de faire bouger les choses », cet élu LR met en garde contre une récupération des « vieilles lunes de la politique, par exemple sur le non-clivage droite-gauche ». Ce gaulliste revendiqué plaide dans Salaud d’élu pour « repenser la démocratie » avec un « choc constitutionnel » en 2017 : mandat présidentiel de dix ans non renouvelable, renouvellement par moitié de l’Assemblée tous les deux ans, ou vote obligatoire.