Des élections pour exprimer sa déception ?

Avec la défiance généralisée des électeurs vis-à-vis des politiques, quel statut peuvent avoir les autres élections intermédiaires comme les élections régionales ? Il va de soi qu’il s’agit d’élections bien moins importantes aux yeux des partis et des électeurs. Pour ce qui est des dirigeants des principaux partis de gouvernement, ils savent qu’une élection de mi-parcours et de moindre importance est difficile à gagner. Elle revêtira nécessairement les habits d’élection de « second ordre » : la partition des dernières ou des prochaines élections nationales sera (re)jouée à cette occasion, de manière souvent indépendante de la performance effective des exécutifs locaux, départementaux ou régionaux sortants. Pour le parti au pouvoir, le choix est simple : quel que soit le bilan jusque-là, ses électeurs se mobiliseront moins que ceux de l’opposition. Faire campagne de manière très active avec des têtes d’affiche nationales peut alors être dangereux, notamment si les résultats ne sont pas à la hauteur. La stratégie la plus souvent choisie consiste alors à faire profil bas et à soigneusement choisir les combats et les interventions publiques. Du côté des électeurs, les comportements sont susceptibles de varier selon qu’il s’agit d’électeurs du ou des partis au pouvoir ou d’un parti d’opposition. Le parti au gouvernement, par définition, a mobilisé l’essentiel de ses électeurs lors du scrutin qui l’a porté au pouvoir. Il a mobilisé même les électeurs peu motivés ou peu convaincus. Il est même probable qu’il ait mobilisé un certain nombre d’électeurs des partis voisins ou rivaux. C’est certainement le cas pour l’élection de François Hollande en 2012. Ces électeurs seront moins faciles à mobiliser trois ans plus tard. Premièrement, l’élection est de moindre importance et les moins convaincus et fervents seront plus difficiles à mobiliser. Deuxièmement, l’exercice du pouvoir est toujours un peu décevant et, pour ceux qui avaient voté contre le président sortant, Nicolas Sarkozy, la motivation sera nécessairement moindre. S’ajoute à cela la popularité historiquement basse de François Hollande.